lendemain foireux

Publié le par l'ulcéré

Je passe mon temps à regarder des blogs sur mayotte. Il y en a d'excellents. Nostagie. Déjà neuf mois... Décidément, on ne peut pas oublier rapidement quatre années de vie sous les tropiques, surtout que ce week-end fut désastreux à plus d'un titre : temps dégueulasse, président nauséabond et intoxication alimentaire!!! Moi qui faisait le pont, bonjour l'ambiance. Alors quand ça va mal, je me remémore ces quatre années passées à Mayotte. J'ai trouvé un blog d'une fille qui est arrivée à Mayotte il y a un ou deux mois. Elle découvre les yeux ébahis par tant de changement. Beaucoup d'émotions pour elle et pour moi à la lire. J'en ai des frissons. Je me rapelle mes premières semaines, les yeux exorbités, le changement de culture, de nature et de faunes, toutes les sensations en éveil remplies d'allégresse mais aussi les angoisses dues à tous ces changements. En fait, je crois que ce blog va être le récit de ces quatre années. J'ai tellement à dire que je n'ai pas dit, que je n'ai pas su dire et que je n'ai pas pu dire. Quatre années de vie bien remplie, qui aurait pu l'être encore plus mais c'était notre premier départ, qui plus est, sous les tropiques. Quelques erreurs de débutants mais au total un beau bilan, quelques regrets mais de si beaux souvenirs et puis professionnellement, l'éclate total alors qu'ici je me désespère... Je vais essayer de vous donner le lien du blog de la fille. Il est vraiment sympa. Je vais vous joindre par la même occasion un petit texte écrit la première année, histoire de se mettre dans l'ambiance et une petite photo, histoire de vous montrer dans quel état j'étais au début!!!

DEC-02-FAB-APR-S-FOOT.JPG

 

 

Des rafales de vents nous inondent de fraîcheur, un bienfait de Dame Météo. Des frissonnements parcours mon échine de joie. Qu’il est agréable de ressentir cette fraîcheur !!! Qu’il est bon d’avoir un peu froid la nuit, de se couvrir d’un drap au petit matin, de ne plus entendre le ventilateur… Sensations agréables. On se contente de peu alors qu’en métropole, il neige, il gèle !!!
 
Des chants traditionnels me parviennent. Ils s’insinuent entre le froissement des feuilles et une porte qui grince. Le cri d’un enfant retentit et me laisse rêveur. Les feuilles du bananier se dodelinent au rythme des tambourins, les noix de coco se demandent laquelle va tenter le grand saut dans le vide, malheur à celui qui se trouverait par hasard dessous. Tous ces bruits qui s’entrechoquent, les palmes du cocotier qui virevoltent et le cliquetis des touches enfoncées.
 
Un calme ambiant, une sérénité ambiante, un miaulement plaintif, un bêlement et toujours ces feuilles qui se rencontrent, musique naturelle pour celui qui veut bien écouter. Moment nostalgique, quelques minutes de souvenirs... Montreuil, petit coin breton, une journée d’automne…Ciel gris, temps venteux, les feuillent parcourant frénétiquement le jardin, les quelques dernières fleurs résistant bravement aux éléments, une tige de dahlia tombée sur le champ de bataille, puis une autre, lente désagrégation après la luxuriance de l’été. J’aimais ces moments, tout a une fin et, forcément, de nouveau, un début. Cycle des saisons, cycle de la vie.
 
Calfeutré à l’intérieur, je contemplais ce spectacle tout en caressant de la vue ces compagnes protégées des éléments extérieurs. Dame Irésine qui se tendait désespérément vers la vitre pour y réchauffer ses feuilles pourpres. Dame Irésine que j’ai retrouvé ici, toute heureuse et d’une coquetterie sans égal, qui habille délicatement le mur blanc de la varangue. Sieur Hibiscus qui se lamentait du peu d’attention que lui octroyaient les rayons solaires, se régalent de la luminosité retrouvée et nous offrent des couleurs éclatantes. Dame Impatience, de rose vêtue, s’habille de rouge sous les tropiques. Et puis, toutes celles et ceux parsemés dans l’hexagone, remplacés par d’autres, différentes, tout aussi attachantes. Le Flamboyant, Le Bougainvillier, l’oiseau de Paradis rivalisent de beauté et nous témoignent leur gratitude de les avoir adoptés et de les arroser quotidiennement. Ils n’en sont qu’au début de leur vie mais nous donnent déjà beaucoup.
 
Le vent se calme. Le pied de vanille se redresse. Aucune noix de coco ne s’est décidée. A trop parlementer, elles sont toutes restées accrochées. Je m’étend de tout mon long dans le hamac, me réveille, un sourire esquissé, je me sens bien. Mayotte me siée bien. Dépaysement conséquent. Retour de l’enfant que je suis, émerveillé, les yeux grands ouverts, l’âme insouciante et le cœur amoureux.
 
J’aime les couleurs de la différence, sur les visages rencontrés, à la surface du lagon, au croisement des chemins parcourus. Le mien m’a mené au pied du Mont Bénara. Je fais une halte. J’adhère à la paix retrouvée. J’approuve la tranquillité proposée. Je cultive ce rêve éveillé. Déjà quatre mois que tu m’as accueilli, déjà quatre mois que je revis. Encore tant à découvrir, encore tant à vivre. Pourtant petite mais tellement riche. Richesse que tu partages bien volontiers à l’envie. Richesse que tu sauras donner à l’être le plus aimé, mon fils.
Publicité

Publié dans sensations

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article