Liffa.

Publié le par l'ulcéré

Juillet 2005, un voulé à Musical plage avec Laurent, le patron du Ravinala à Cavani. Jeaninne et Jean-Luc, les parents de Céline, y participent ainsi que Bruno et Maria, en vacances aussi à Mayotte. Nous aurons jusqu'à huit personnes en vacances cet été là.

 
Aujourd'hui, je veux vous parler d'un quotidien, celui du voulé du dimanche. Ce mot "voulé"a été l'un des premier appris en arrivant à Mayotte. Il faut dire que le premier nous a valu une émotion géantissime, celle de nager avec des dauphins. Je ne suis pas près de l'oublier même si par la suite nager avec des dauphins est aussi devenu notre quotidien.... Non, non, je plaisante!!!!
Soit on allait simplement à la plage avec une glacière, quelques bibines, de l'eau bien fraîche, une salade et des fruits, soit on se payait un petit resto, voire des buffets très bien garnis, notamment à N'Gouja, soit donc on s'organisait un bon voulé avec tout un tas d'amis, de potes, de copains, des connaissances de potes, des amis de copains, des copains d'amis et accessoirement la famille quand elle est en vacances à Mayotte.


Laurent était un pro des voulés, accessoirement, c'était un excellent cuisinier, il avait donc tout le matériel nécessaire. Une table à trous!!!! Il faut dire qu'à cette période de l'année, les Alizés soufflaient assez forts et les verres se renversaient souvent à notre grand désespoir. Laurent avait trouvé la parade d'exception : il avait percé des trous de la dimension des verres dans sa table... Chacun son trou, surtout, qu'il résolvait un autre problème avec ses trous. Quand après plusieurs verres, la dextérité se trouve affaibli et quelque peu tremblotante, le maintien des verres dans ces trous devient une aubaine pour ne pas les renverser en les remplissant...!!! Pas bête!!!
Donc, Laurent, tenant un resto, arrivait le week-end avec quelques restes, ma foi, bien sympathiques. Le principe du voulé est que chacun participe à sa manière. C'est un barbecue à la plage? trois, quatre, grosses pierres, une grille, un peu de bois, un briquet et voilà la carangue qui grille, assaisonnée des épices locales et d'un peu de moutarde... Miam, miam, j'en salive encore..

Quand on arrivait au lieu de rendez-vous, chacun s'installait. Le choix de l'endroit était relativement important, les gros barbecues étaient pris très tôt le matin, trop tôt... Donc, une grille et les pierres. Recherche rapide d'un peu de bois, charbon de bois. Surtout s'installer sous des badamiers, arbres nous garantissant de l'ombre nécessaire à la sieste. On s'en servait aussi pour accrocher toutes les victuailles afin d'éviter les hordes de fourmis. L'apéro rapidement entamé, une petite ballade sur la plage, histoire de sentir la douceur du sable, de prendre un premier bain pour se rafraîchir. Chacun débute une conversation, moi je préfère fermer les yeux et écouter et respirer et sentir encore et encore... La carangue presque cuite, Laurent prépare les mabawas, ailes de poulet marinées et grillés, quelques bananes grillées dans la braise, un fruit à pain, le bonheur...

Musical plage, plage de Bandrélé, village de mon collège. Tous les mahorais du village, après trois ans me connaissaient. Beaucoup de jeunes passaient sur la plage. Certains me saluaient, un signe de la main, un regard, d'autres venaient me saluer et s'arrêtaient quelques instants pour discuter.

 














Je gardais des rapports très sympas avec un certain nombre d'élèves qui avaient quitté le collège. Avec certains, j'avais des rapports amicaux, j'avais plaisir à les voir, à discuter tranquillement avec eux. Il y a eu notamment Ahmed et Liffa. Ce jour là, c'est Liffa, surnommé Cachalot, tous les mahorais ont un surnom, qui est passé sur la plage et qui a passé une bonne heure avec nous.


J'ai toujours apprécié Liffa, bien dans ses pompes, à la force tranquille, un vrai roc, d'une nonchalance que j'enviais, d'une zénitude tellement zen... Et puis une gueule, une trop bonne gueule...



Salut l'ami, nos chemins se sont sacrément éloignés. J'espère simplement que tu vis bien, sereinement, sous ses tropiques...

Voilà, voilà, l'après-midi s'étire au diapason des rayons brûlants. Un coup dans l'eau à plonger, un autre à jouer une partie acharnée de pétanque, un autre à faire un château de sable avec Neven et tout ça, paisiblement...  



Et voilà, un après-midi tout en douceur, seulement secoué en toute fin de journée par l'échouage d'un voilier au bout de la plage. Malgré les efforts de tous, il restera là et ne repartira jamais...

Je finirai cet article sur le sourire rayonnant d'Enora, un an dans quelques jours, qui appréciait goulûment la plage et ces journées "VOULE". Nous aussi.....

Bisous.





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Publié dans lagon

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